SOUL

Mon cœur bas pour ceux que nous ne considérons plus


 

« Au plus profond de mon existence, je t’ai connu. Je t’ai admiré, compris, appris.

J’ai ce souvenir d’enfance, où j’étais collé à tes représentations. Une admiration sans faille. Un rêve de pouvoir te rencontrer. Je ne t’ai vu qu’en photos, en peluche, en figurine ou dans mes pensées.

Nous sommes des frères, des amis, des sœurs, des parents. Nous sommes la biosphère et nous sommes vivants.

Jadis, je t’aperçus dans mon jardin au petit matin, toi et tes petits.
Aujourd’hui, tu te caches, tu me fuis, tu nous évites.
Tu te dissimules dans l’ombre des forêts, là où je ne peux te voir. Moi qui aimerai tant te rencontrer.
Ta présence en ces lieux devenus un refuge nous échappe.
Je suis aveugle dans ces espaces obscurs et denses. J’arrive à croire qu’il n’y a rien.
Sombre bois, inconcevables espaces, peur originelle.

Mais voilà, pour te rendre hommage, pour nous rappeler ta présence, ta diversité, ta résilience, ta beauté, je dois détourner notre regard anthropocentrique. Inverser la lumière, éclairer là où ne voyons rien, car c’est dans ces espaces invisibles pour l’Homme que regorge le plus de vie !

À vous les individus non-humains ! »


Arthur Escoffier, Octobre 2025